- Un pionnier (Roger Schütz)
- On ne voit bien qu'avec le coeur
- Regard sur la vie
- Demeurer en Christ
- Espérances d'un croyant : L'abbé Pierre
- Nos mains : Georges Bernanos
- Didier Rimaud : troubadour de Dieu
- Marie Laforêt
- François Martou
- Soeur Emmanuelle
- Monsieur Vincent

Un pionnier (Roger Schütz)

« J'irais jusqu'aux extrémités de la terre,
j'irais jusqu'au bout du monde s'il le faut,
pour dire et redire ma confiance dans les nouvelles générations, ma confiance dans les jeunes.
À nous, les aînés, d'écouter, de ne pas condamner.
Écouter pour saisir l'intuition créatrice qui les habite. »

Roger SCHUTZ
Prieur de Taizé, assassiné le 16 août 2005

On ne voit bien qu'avec le coeur

« Nous ne sommes qu'un grain de sable,
Mais si chaque être faisait chaque jour un geste pour la paix, pour l'égalité et le respect de la vie, tout pourrait changer. »
« Lorsque mon frère Larry est mort, je n'arrivais pas à accepter ce vide sans fin. J'étais enragé. Puis, une nuit, j'ai fait un rêve. Une énorme boule de feu venait vers moi et une voix me disait : ‘Ne t'oppose pas.' Je me suis réveillé en sursaut. J'ai compris à ce moment-là que cette souffrance ne pouvait guérir qu'à travers l'amour que je portais en moi pour Larry. »
« Le Mahatma Gandhi a libéré un continent.
Martin Luther King a libéré un peuple.
Nelson Mandela a libéré un pays.
Qu'ont-ils de commun, sinon d'avoir choisi l'amour comme instrument ? »

Stevie Wonder
Chanteur américain engagé – 55 ans et aveugle.

 

Regard sur la vie

La foi m'a aidé à survivre lorsque ma fille a été victime d'un accident de voiture.
Evidemment, je ne crois pas à un type qui ferait le compte de nos bonnes et de nos mauvaises actions
Savoir ce qui va se passer après la mort ? A la vérité, je m'en fous. L'éternité, je la vis en ce moment, avec vous.
Quand les gens me disent : « Monsieur Serrault, merci. Vous m'avez aidé à vivre », Dieu est là, Dieu est amour.
La vie pour moi n'est qu'un passage et nous serons tous récupérés un jour.
Entamer quelque chose de nouveau tous les jours, résume ma philosophie dans l'existence.

Michel SERRAULT

 

Demeurer en Christ

« Toi qui dis demeurer en christ
tu dois te conduire comme lui s'est conduit.

Si tu cherches ta propre gloire,
si tu envies les heureux de ce monde,
si tu médis des absents,
si tu rends le mal pour le mal : cela, le Christ ne l'a pas fait !
Tu peux dire que tu connais Dieu, mais en fait tu montres le contraire. »

Saint Bernard de Clairvaux (+ 1153)

 

Espérances d'un croyant : L'ABBE PIERRE

Le dernier livre de l'abbé Pierre, « Mon Dieu… Pourquoi ? », Edition Plon, 2005 , est un témoignage peu commun.
Avec une totale liberté d'esprit, il livre ses convictions, ses interrogations et ses indignations sur la foi chrétienne et sur le sens de la vie humaine.
L'abbé Pierre s'y révèle fidèle à lui-même : homme passionné, d'une franchise et d'une lucidité extraordinaires. Il parle franc, il parle juste et se permet de dire librement sa pensée en évoquant:
•  les débordements de notre époque : le fanatisme religieux et la croisade absurde de Georges Bush…
•  l'évolutionnisme et les théories prophétiques du Père Teilhard de Chardin,
•  une papauté restée trop attachée aux apparats d'une puissance temporelle et qu'il invite à une fonction plus modeste…
•  un culte exagéré envers Marie dont il dit : « J'ai une immense tendresse pour Marie, la mère de Jésus. Je récite tous les jours ses paroles du Magnificat . Je l'associe souvent dans mes prières adressées à Dieu. Mais je ne peux concevoir qu'on lui voue un véritable culte, lequel finit, chez certains, par prendre plus de place que l'adoration envers le créateur. Cela devient alors de l'idolâtrie. »…
•  la place de la femme dans l'Eglise et son accession éventuelle à un ministère…
•  le célibat imposé uniquement aux prêtres catholiques romains. Le petit extrait où il parle du désir sexuel, et que les médias ont monté en épingle, ne représente qu'un infime détail qui, en fait, le grandit. C'est un homme vrai qui ne joue pas aux saintes nitouches.
Sur ces sujets comme sur bien d'autres, les accents de ce livre sont souvent pathétiques. Ceux d'un homme qui a côtoyé la misère durant toute sa vie et qui s'interroge chaque jour : pourquoi tant de souffrance ?
Il garde pourtant le regard serein et émerveillé d'un croyant qui, par-delà les doutes, s'appuie sur une foi inébranlable en un Dieu – Amour.
Le Christ d'Emmaüs l'a marqué à jamais. Et il trouve sa présence dans les plus humbles de ses frères comme aussi dans l'eucharistie.
Il termine par ces mots : « Père, j'attends depuis si longtemps de vivre dans votre totale PRESENCE qui est, je n'en ai jamais douté, malgré tout, AMOUR. »

Paul Spies

 

" Dieu n'a pas d'autres mains que les nôtres "

Georges Bernanos
dans "Le scandale de la Vérité"

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DIDIER RIMAUD, un troubadour de Dieu

Qui était Didier Rimaud ?
C'était un poète de grand talent, un de ces jésuites français qui échappent aux cadres traditionnels.
Vous ne le saviez sans doute pas, mais il était chanté dans toutes nos églises. C'est lui qui est l'auteur de nombreux chants liturgiques comme :

•  Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce… (Y 53)
•  Allez dire à tous les hommes … (U 132)
•  Que tes œuvres sont belles… ( A 219)
•  Si le Père nous appelle… (T 154)
•  Vienne la paix sur notre terre… (T 150)
Et bien d'autres…

Didier Rimaud avait étudié de très près ces poèmes extraordinaires que sont les psaumes. Dans la traduction de la Bible de Jérusalem, il avait mis en lumière leur rythme, leur structure et partageait ses découvertes avec passion.
Ce n'était pas un poète en chambre. Lors de grands événements, il était sur la brèche. C'est en mai 68 qu'il écrivit le chant “Ouvrez vos coeurs au souffle de Dieu” (K 79) où il exprime à chaud et avec son regard de croyant l'effervescence du moment :


“Livrez votre être aux germes d'Esprit
pour qu'il nous donne sa violence
à son service.”

Ses chants ont apporté à la liturgie un souffle de renouveau inspiré du Concile Vatican II. Les textes qu'il écrivit voici 30 ans sont toujours chantés dans les églises. Ils sont beaux et riches de sens. On n'y trouve pas de lieux communs. C'est là le secret de leur pérennité.
Auteur-compositeur, il se promenait, la guitare en bandoulière et partageait à travers ses chansons un message de foi humble et sincère.
Ainsi, dans “Vienne le temps d'aimer”, ou dans cette chanson où il exprime l'idéal de Saint François d'Assise :

“Je n'ai pas besoin des écus du roi,
J'ai poche vide
J'ai poche vide
Je n'ai pas besoin des écus du roi
J'ai poche vide et coeur en joie”.

Didier RIMAUD s'en est allé, mais son message reste actuel à travers tout son apport liturgique.

Paul SPIES

MARIE LAFORÊT.

Elle est née en 1939 à Soulac en Gironde au sein d'une famille d'immigrés arméniens. Elle a à peine 20 ans lorsque sa carrière prend tournure : Plein Soleil (1959) avec Alain Delon et La fille aux yeux d'or (1961) révèlent ses talents de comédienne. La petite étoile repérée quelques années auparavant devient une star. S'en suivent alors plusieurs films, dont Flic ou voyou (1979), Joyeuses Pâcques (1984), Tikho Moon (1996) ou encore C'est la tangente que j'préfère (1997). Mais c'est la musique que Marie Laforêt préfère. C'est dans ce domaine que sa carrière d'artiste se confirme : son premier 45 tours, Les Vendanges de l'amour, sort en 1963 et obtient un succès immédiat dans le monde. Les disques s'enchaînent alors et tous fredonnent avec elle Viens sur la montagne , Manchester et Liverpool , Mon amour, mon ami , Ivan, Boris et moi ou encore Viens, viens ...

« Je ne connais pas de dimension qui ne soit pas divine.
Les artistes sont les messagers de Dieu : c'est à nous de regarder et de faire savoir quelle est la marche du monde. Les arts ont cette volonté là.
Je crois qu'il y a une part de l'imaginaire artistique liée à Dieu.
Les artistes sont en permanence à l'écoute de Dieu : c'est notre seul guide. Croire c'est être dans l'assurance. Pour ma part, je n'ai aucun doute ; j'ai une confiance totale et aveugle.
Croire me fait rire, me rend gaie, me rend libre. »

François MARTOU, un grand passionné chrétien contemporain

Son « Message pascal ».

Comment jugez-vous le monde que vous laisserez à vos petits enfants ?

« Je peux leur dire que j'ai connu beaucoup d'ombres,
Mais que si on travaille pour la lumière,
il fera toujours plus clair demain.
Je ne peux pas leur dire que les ombres ont battu la lumière.
Je suis assez heureux et même fier
De ce que j'ai pu faire,
De ce que j'ai pu participer.
Je leur souhaite un monde plus fraternel et moins matérialiste.
Je suis un optimiste impénitent, mais lucide. »

Extrait de « Demain, il fera jour »

François Martou né le 4 avril 1943 et décédé le 1er mars 2009 jouissait d'une grande considération de tous et n'hésitait pourtant jamais à dire ce qu'il pensait, quand bien même il était en face de personnalités aux responsabilités importantes.
Toute sa carrière fut marquée par un engagement sans faille contre les inégalités et pour le progrès social.

 

 

 

 

 

Tu trouveras le soleil
Dans le coeur des enfants
Sans nulle autre joie pareille
Ni sentiment plus grand
Un mot d'amour à l'oreille
Peut dans chacun réveiller un volcan pour qui l'entend...

Yalla !

Elle m'emmène avec elle
Je t'emmène avec moi
Yalla  !

(mot qui signifie « Va de l'avant »)

Chanson écrite en 2004 par Calogero
en hommage à Soeur Emmanuelle.

 

 

 

 

 

Née à Bruxelles en 1908, Soeur Emmanuelle connaît une grande souffrance dès son plus jeune âges : sont père se noie sous ses yeux à Ostende alors qu'elle n'a que 6 ans.
Diplômée de sciences philosophiques et religieuses, elle entre chez les soeurs de N-D de Sion et prononce ses voeux à 23 ans.
Elle va enseigner tour à tour en Turquie, Tunisie et Egypte jusqu'à l'âge de 63 ans. C'est l'âge de la retraite. Mais pour elle une nouvelle vie commence.
Elle s'installe parmi les chiffonniers du Caire. Elle y consacrera 20 années au service des plus pauvres. Là, elle se rira de tous les dogmatismes, faisant jouer les enfants arabes et coptes au sein d'une même équipe, suscitant l'entraide et la solidarité entre tous, qu'ils soient juifs, musulmans, chrétiens ou athées. Elle force l'admiration des uns et des autres. Pionnière d'un oecuménisme universel, son action s'étend de l'Egypte au Soudan, du Liban aux Philippines, de l'Inde au Burkina Faso.
Ses tournées en Europe la rendent célèbre. Elle est reçue par les plus grands, est décorée de la légion d'honneur par Jacques Chirac, est créée Docteur honoris causa par l'UCL. Elle donne des conférences, visite les écoles et parle aux étudiants. (j'ai eu le plaisir de la recevoir dans mon école, au C.B.I.M.C, en 1997).

Elle écrit beaucoup. Plus d'une dizaine de livres :

En 1999, avec Françoise Huart, Yalla en avant les jeunes , Ed. LGF poche
En 2001, Les mots du rosaire , Ed. Actes Sud
En 2002 Chiffonnière avec les chiffonniers , Ed. de l'Atelier
Encore en 2002 avec Philippe Asso, Richesse de la pauvreté , Ed. J'ai lu
En 2003 Jésus tel que je le connais Ed. J'ai lu
En 2004 avec Marlène Tuininga, Le paradis, c'est les autres, Ed. J'ai lu. Un livre en réponse au succès littéraire « L'enfer, c'est les autres » du philosophe existentialiste Jean-Paul Sartre.
En 2005 Vivre, à quoi ça sert, Ed. J'ai lu
En 2007 avec Sofia Stril-Rever Mille et un bonheurs. Méditations de Soeur Emmanuelle Ed. Carnets Nord
En 2008 Une pensée par jour , Ed. Mediapaul
En 2008, tout récemment, J'ai cent ans et je voudrais vous dire … Ed. Plon.
Enfin, encore en 2008, au lendemain de sa mort et selon sa volonté, une dernière publication : Confessions d'une religieuse, Ed. Flammarion,

Elle est partie en grande simplicité durant la nuit du 19 au 20 octobre 2008, nous léguant son message de joie et d'enthousiasme et son regard de foi si positif sur la vie.

Paul Spies

LE PANIER DE LA SOLIDARITÉ

Comme chaque année, durant l'Avent, le panier de la solidarité est au fond de notre église pour y recueillir des denrées non périssables et des vêtements qui iront aux plus démunis.
D'où vient cette idée ?
Vincent Depaule (c'est ainsi qu'il signait) n'a découvert sa voie que très lentement et, pour ainsi dire, à tâtons. Pendant 35 ans, sa vie est celle d'un cadet de Gascogne (il est né en 1581 à Pouy, près de Dax), est entré au séminaire pour faire carrière et trouver ensuite « une honnête retirade ».
Mais il va découvrir peu à peu la grande misère qui sévit au royaume de France : paysans affamés et mutinés, armées de vagabonds et de mendiants, milliers d'enfants abandonnés.
Il sera tour à tour aumônier général des galères, supérieur de l'ordre de la Visitation créé par St François de Sales, puis fondateur des Filles de la Charité.
C'était une première dans l'Eglise : une société de femmes non cloîtrées vouées à des tâches d'assistance sociale. Il leur donne un règlement révolutionnaire :

« Elles auront pour monastère, les maisons des malades,
pour cellule, une chambre de louage,
pour chapelle, l'église paroissiale,
pour cloître, les rues de la ville,
pour clôture, l'obéissance,
pour profession, la confiance continuelle dans la Providence, l'offrande de tout ce qu'elles ont. »

Il avait un respect extrême de la personne humaine :

« Ne vous occupez pas des prisonniers si vous ne consentez pas à être leurs sujets et leurs élèves. Ceux que nous appelons des misérables, ce sont eux qui doivent nous évangéliser et nous convertir. Après Dieu, c'est à eux que je dois le plus. »

On ne saurait oublier le fameux dialogue écrit par Jean Anouilh pour le film « Monsieur Vincent » joué par Pierre Fresnay :

« Jeanne, tu verras bientôt que la charité est lourde à porter, plus que le broc de soupe ou le panier plein. Mais tu garderas ta douceur et ton sourire. Ce n'est pas le tout de donner le bouillon et le pain. Cela, les riches peuvent le faire. Tu es la petite servante des pauvres, la fille de la charité toujours souriante et de bonne humeur. Ils sont les maîtres… Des maîtres terriblement exigeants, tu verras…
Alors, plus ils seront laids et sales, plus ils seront injustes et grossiers, plus tu devras leur donner de ton amour. Ce n'est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes. »

Voltaire dira plus tard : « Mon saint à moi, c'est Monsieur Vincent » et les Révolutionnaires de 1789 le sacreront « Grand bienfaiteur de l'humanité. »

En 1833, Frédéric OZANAM fonde les « Conférences St Vincent de Paul ». Elles regroupent des équipes de laïcs liés par l'amitié et dont le projet se résume en 3 mots : " Aimer - Partager - Servir ".
C'est donc en lien avec les Conférences St-Vincent de Paul de Rixensart que notre paroisse organise ce partage durant l'Avent et le Carême.

Paul Spies