Accueil
Les désirs de ma louange
Le long chemin
Autour du feu
Les bateaux

Accueil

Ouvrir sa porte à l'étranger,
Le regarder, le faire entrer,
Ouvrir sa porte à l'inattendu,
Au dérangeant, à l'inconnu
Qui s'habille autrement
Et qui parle en chantant.
Ouvrir son cœur avec confiance
Sans préjugés et méfiance
Et sans à priori.
A tous et aux petits,
Aux affamés, aux prisonniers,
A ceux qui ne peuvent plus pleurer.
Plonger ses yeux dans d'autres yeux
Pour y rencontrer Dieu,
Fermer ses bras sur l'invité,
Chanter, rire et danser,
Peindre son âme en rose,
Dire de belles choses,
Mettre de beaux habits
Et dire des mots gentils
Et partager le pain
Et boire du bon vin,
Répandre du parfum.
Rendre l'espoir au cœur meurtri
Par un sourire qui enrichit..
Donner et recevoir, ne pas blesser,
Comprendre et pardonner.
Préparer quelques fleurs, un bouquet de bonheur.
Allumer un bon feu pour réchauffer le coeur
Et faire naître la paix…
Comme quand Tu entrais
Chez Lazare ton ami
Et chez Marthe et Marie,
Le corps si fatigué
D'avoir tant marché.
Est-ce possible que ce ne soit pas toujours ainsi ?
Ai-je rêvé ? Je m'étais pourtant réjoui.
Etais-tu là, ce jour-là, incognito
Ou bien étions-nous arrivés trop tôt
Que nous avons trouvé porte de bois
Au rendez-vous de notre joie ?

Ai-je rêvé ?
Dis-moi, amie,
Est-ce utopie ?

Roger Yernaux, poète genvalois

Les désirs de ma louange

 

Je voudrais m'en aller au pays des étoiles
Pour que, là-bas, ton Nom soit prononcé.

Je voudrais m'enfoncer dans le sein de la terre
Pour que, des grands abîmes, monte mon chant d'amour.

Je voudrais naviguer sur tous les océans
Pour que, dans leur silence, ma prière s'élève.

Voudrais-tu, de tout homme, me faire un grand ami ?
Je pourrais doucement lui révéler ton Nom.

Voudrais-tu m'envoyer pour veiller un enfant ?
Je pourrais le bercer en chantant ton amour.

Voudrais-tu m'emmener dans une foule en fête ?
Je pourrais, en silence, te prier de bénir.

Si je pouvais servir dans la maison des rois,
J'écrirais en secret ton Nom dans la poussière.

Si je pouvais souffrir avec les plus souffrants,
J'essayerais de chanter ton amour à mes frères.

Si je pouvais mourir sans perdre ton pardon,
Mon silence lui-même te prierait encore.

15 octobre 1965
Christiane BECKER
(Née à Genval le 17 février 1936 - décédée à Bordeaux le 20 février 2006)

Le long chemin

Il est long, si long le chemin
Des jours passés, des jours qui viennent
Quand on va seul avec sa peine !
Ami, donne-moi la main.

Il est long, si long le chemin
Lourds sont les jours et les semaines
Lorsque l'amour se fait lointaine
Ami, donne-moi la main.

Il est long, si long le chemin
Et chaque jour plus lourd me semble,
Vienne le temps qui nous rassemble
Ami, donne-moi la main

Il est long, si long le chemin
Si tu veux, marchons ensemble
Et ne crains pas si mes doigts tremblent
Ami, donne-moi la main.

Etienne DANIEL & Djabir BLIDI

Autour du feu

 

Nous sommes tous passants et pèlerins.
Allumons donc un feu au carrefour, à l'adresse de l'Eternel.
Fermons le cercle et faisons un temple dans le vent.
Faisons de ce lieu quelconque un Temple.
Car le temps est venu d'adorer en esprit et en vérité.
De rendre grâces en tous lieux et en tous temps.

Mettons un terme au temps, un autre aux ténèbres extérieures
Et rendons-nous présents au présent,
Ce présent que nous avons en vain poursuivi de nos journées,
Car il était loin de nous au moment où il était.
Le voici devant nos yeux et dans nos coeurs, le présent.
Le feu, c'est le présent qui brûle et brille,
C'est le présent qui prie.

Lanza del Vasto
Communauté de l'Arche
Texte récité chaque soir autour du feu

 

LES BATEAUX

 

Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entraînent trop fort
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une voile au dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu'ils en ont désappris comment se regarder
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment sûrs de ne pas se quitter.

Je connais des bateaux qui s'en vont deux par deux,
Affronter le gros temps quand l'orage est sur eux
Je connais des bateaux qui s'égratignent un peu
Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux.

Je connais des bateaux qui reviennent d'amour,
Quand ils ont navigué jusqu'à leur dernier jour,
Sans jamais replier leurs ailes de géants
Parce qu'ils ont le coeur à taille d'océan.

Chanson de Mannick (extr. Du disque " C'est par amour " AZ 2330)