Chez ces gens-là

 

Chez ces gens-là

Ron Dorlan

Broché - 20 mars 2018

 

 

 

Un livre de l'écrivain bruxellois Georges Roland (dont Ron Dorlan est l'anagramme).

"Homo homini lupus" n'est pas pour lui une simple maxime.

Le "héro" de ce livre est un savant médiéviste qui s'est spécialisé dans l'histoire des croisades. Cet homme est témoin direct de l'attentat du métro de Bruxelles et sort miraculeusement indemne du carnage auquel il vient d'assister. Mais il est bouleversé et profondément perturbé par cette vision d'apocalypse.
L'Auteur dresse un parallélisme entre les attentats provoqués par des hommes exaltés causant des centaines de victimes au cri de "Allalhou Akbar" à l'aéroport et au métro de Bruxelles (le 22 mars 2016) et la prise de Jérusalem le 15 juillet 1099 par des croisés exaltés abattant les murs de la ville et y massacrant plus de 10 000 habitants au cri de "Dieu le veut!"

Les chroniqueurs des croisés ont relaté en termes saisissants la prise de Jérusalem en 1099 :
" Entrés dans la ville, les pèlerins poursuivirent et massacrèrent les Sarrasins jusqu'au temple de Salomon..., où il y eut un tel carnage que les nôtres marchaient dans le sang jusqu'aux chevilles... Les croisés coururent bientôt par toute la ville, raflant tout l'or et l'argent, les chevaux et les mulets et pillant les maisons qui regorgeaient de richesses. Puis, tout heureux et pleurant de joie, les nôtres allèrent adorer le sépulcre de Notre-Sauveur Jésus-Christ et s'acquittèrent de leur dette envers lui." (Histoire anonyme de la première Croisade, cité dans C. Morrisson: Les Croisades, 2e éd. 1973 p. 32)

Les moments d'horreurs vécus par les victimes des attentats en ce 21e siècle sont de la même veine barbare que les atrocités perpétrées au 11e siècle par ces preux chevaliers, Godefroy de Bouillon, Bohémond de Hauteville, Baudouin de Boulogne, Enguerrand de Saint-Pol.
Beaucoup de conquérants ont cru agir au nom de Dieu. Adolf Hitler avait fait graver sur le ceinturon de ses soldats la devise: "Gott mit uns".
Tous ces gens se disent protégés par un dieu qui n'existe pas.
Quel dieu pourrait donc vouloir la destruction du monde qu'il a créé?

La fin du livre est surprenante: il fait sauter la statue de Godefroid de Bouillon sur la Place Royale de Bruxelles. L'iconoclasme irrationnel qui refait surface aujourd'hui aurait besoin d'historiens éclairés et pédagogues. Mais qu'attendent-ils pour se manifester?

Paul Spies