Historique paroisse

eglise saint-pierre genval

HISTORIQUE DE LA PAROISSE
Saint Pierre de GENVAL

 

1. Sa création et son architecture

 

A la fin du XIXème siècle, Genval est un village brabançon aux maisons groupées autour de son église dédiée à Saint-Sixte. Près de la gare, très loin du centre, au lieu-dit Maubroux, il n'existe pratiquement qu'un ancien café restaurant, l'Hôtel de la Gare, et quelques rares constructions.
Au début du XXème siècle pourtant, un lac artificiel est créé dans la vallée de l'Argentine, en contrebas de la gare. Au bas du parc se trouvent quelques maisons de maître. L'endroit devient vite un lieu de tourisme et de villégiature pour les Bruxellois. En même temps, les sources de Genval acquièrent une réputation. Genval devient "Genval-les-Eaux".
Dès 1904, les “Papeteries de Genval” prennent une extension rapide. Le hameau de Maubroux se développe. Des constructions nouvelles poussent rapidement et une population jeune s'installe sur le site.

Nouvelle paroisse et nouvelle église

La création d'une nouvelle paroisse est évoquée dès 1912, mais elle ne deviendra officielle qu'en 1921 : la nouvelle paroisse est créée à Genval-Maubroux, distincte de la paroisse Saint-Sixte de Genval-Centre.
Il n'y a pas encore d'église. On célèbre la liturgie dans une grange de la rue de la Station où s'est installée ensuite l'agence de banque Fintro (n° 26), ainsi que le Restaurant "Ô Clair de Lune" (n° 24). Cette grange n'est alors bordée que de terrains sablonneux, espaces de jeux pour les enfants de l'époque.
Mais une église va bientôt surgir tout près de là. L'homme qui en est à l'origine, c'est Auguste Lannoye (1874 - 1938).
Né à Corroy-le-Grand en 1874 et orphelin dès l'enfance, Auguste fut pris en charge par des oncles commerçants qui ne lui portèrent ni intérêt, ni affection. Remarqué par des enseignants pour son intelligence, il obtint une bourse pour ses études et devint ingénieur.
Il a d'abord travaillé dans plusieurs papeteries (Court-St-Etienne, La Hulpe ...) et décida enfin de s'installer à Genval en 1904. Il y avait de l'eau, celle de la Lasne, et une gare toute proche, celle de Genval.
Il y crée la "Société Anonyme des Papeteries" en 1911.
Son ambition fut de consacrer sa vie à améliorer le sort des plus pauvres.
Ayant connu et vu la misère de près, il voulut créer un couvre-sol qui permettrait aux classes modestes de ne plus vivre sur "la terre battue"! Le balatum était du feutre bitumé à base de pâte cartonneuse, très solide et au prix de revient très peu élevé, qui acquit très vite une renommée mondiale.
Il créera aussi le papier Kraft. Ce papier marron au prix dérisoire convient à toutes sortes d'emballages, surtout grâce à sa solidité.
Et enfin, le papier peint.
Pour lui, son entreprise était comme sa famille.
Elle comptera jusqu'à 2500 travailleurs.
Il instaure pour eux la sécurité sociale (Une Mutuelle bien avant qu'elle soit obligatoire en Belgique!).
Il fait construire une cité ouvrière tout autour des papeteries : les corons de la place Lannoye, de la rue de Rixensart, de la rue Lannoye et de la Colline du Glain.
Dès qu'il acquiert un peu de fortune, il veut qu'elle soit au service de tous. Après la première guerre mondiale, il entreprend
•  la transformation d'un Hôtel familial en Clinique Maritime au Coq-sur-Mer, confiée, entre autres, aux soeurs Franciscaines de Genval jusqu'en 1956.
•  la création d'une école libre: l'Institut St-Léon de La Hulpe, confié aux Frères Maristes de 1910 à 1974.
•  et plus tard, sous l'impulsion de Madame Lannoye, épouse d'Auguste, d'une autre école à Genval (St-Augustin).
Le fondateur des Papeteries de Genval fut bourgmestre de Genval de 1926 jusqu'à sa mort en 1938.

Mais l'église Saint-Pierre dans tout ça ?

Revenons en 1923.
Auguste Lannoy achète le triangle de terre situé entre la rue de Rosières, la rue de la Station et l' Avenue Albert Ier où se trouvait le café-resto "A la ville de Wavre" qu'il transformera en presbytère. Construire la nouvelle église au beau milieu d'un ensemble de rues si fréquentées n'est pas apprécié du Collège communal de l'époque qui prévoyait de la construire de l'autre côté des voies ferrées. Le Collège donne donc un avis négatif mais qui restera sans effet.
L'espace est étroit et cela permet aussi de comprendre pourquoi, au lieu d'être "orientée", c'est-à-dire de regarder vers l'Est (vers l'Orient), le chevet de la nouvelle église regarde vers le Nord-Ouest.

Qui fut l'architecte de l'église Saint-Pierre de Genval ? 

Ce rôle est traditionnellement attribué à Auguste Lannoye. Mais, aucun document stipulant le nom de l'architecte n'a été retrouvé. Il est possible qu'Auguste Lannoye ait demandé à l'un des ingénieurs des Papeteries de Genval de dresser les plans de l'église.
Elle est placée sous le patronage de saint Pierre, en souvenir du fils des époux Lannoye, le petit Pierre, décédé de la diphtérie à l'âge de 5 ans et demi, le 16 juillet 1916.


Ce n'est que 25 ans après sa construction, le 2 août 1949, que l'église fut consacrée par le cardinal Van Roey. Le véritable acte de naissance d'un sanctuaire n'est pas la pose de la première pierre, mais sa consécration ou "dédicace". Ce jour-là, un reliquaire fut placé dans l'autel et les 12 croix de consécration furent placées sur les murs intérieurs.
Depuis lors, l'église de Genval est ouverte tous les jours : elle accueille les fidèles pour célébrer la liturgie. A toute heure du jour, celui ou celle qui a besoin d'un réconfort peut y goûter un moment de recueillement. Les écoles de la région peuvent venir la visiter avec leur professeur de religion. Elle est un espace de rencontre et un lieu de ressourcement.

Le style de l'église Saint-Pierre.

Ni néo-roman, ni néo-gothique, mais conçu à la manière d'une architecture industrielle du début du 20e siècle. Des murs de briques dans une armature de béton armé.
C'est la première du genre construite en Belgique ! Comme toutes les constructions en béton, elle commence à souffrir du "cancer du béton" appelé la "carbonatation". Mais on dispose aujourd'hui de techniques permettant d'y remédier. La fabrique d'église locale s'est engagée à réaliser les analyses nécessaires.

 

Les façades.

 

 

 

Les façades du bâtiment combinent à la fois:
- soubassement de moellons ,
- structure apparente en béton ,
- briques rouges et ornements en béton.

La façade principale, située au sud-est, est précédée d'un large porche en béton. Il abrite une porte cintrée à triple voussure .
La partie supérieure de cette façade est percée de quatre baies de hauteurs variables.
Le tout est surmonté par une statue de saint Pierre réalisée par le sculpteur belge Edouard Nootens (1899-1977).

 

Les façades latérales comportent chacune trois travées. Leurs parties inférieures sont percées de triples baies. Leurs parties supérieure sont éclairées de quatre couples de baies géminées.

 

Les fenêtres.

 

 

 

Les fenêtres de l'église présentent un encadrement de béton surmonté d'un arc en anse de panie . Leur encadrement est agrémenté, dans sa partie supérieure et dans sa partie inférieure, de crossettes c.-à-d., d'éléments décoratifs situés aux angles de l'encadrement de chaque fenêtre. C'est une caractéristique de l'architecture néo-classique.

 

Le campanile

 

 

Il est situé à l'ouest de l'église. C'est un étrange clocher de quatre étages.
Le premier et le deuxième étage sont percés sur chaque face d'une paire de baies géminées, inscrites sous un arc en anse de panier.
Le troisième étage porte les horloges tandis que le quatrième, bordé de parapets en béton, abrite les cloches sous un large toit débordant sommé d'une grande croix en béton.
La légende raconte qu'Auguste Lannoye, alors qu'il voyageait en Suisse italienne, aurait découvert un campanile dont la forme originale le séduit. Il le dessina et voulut que la tour de l'église Saint-Pierre en soit une copie fidèle. Mais, en regardant ce clocher on croit voir un chevalement minier (la tour qui surplombe les puits à mines). Il ne manque plus que les molettes remplacées ici par les cloches .

Les cloches.

Le clocher est équipé d'une horloge et de deux cloches qui rythment la vie des alentours.
Ces cloches ont été coulées par le fondeur Omer Michaux de Louvain. L'Atelier Michaux a entre autres contribué à l'installation du Carillon de Louvain-la-Neuve qui se trouve dans le clocheton au dessus de la faculté de théologie (Grand-Place). Ce carillon-là est composé de 47 cloches dont 13 sont des Omer Michaux de 1921.

Plus modestes, les 2 cloches de Genval ont pourtant chacune leur caractère.

"Georgette" est la plus imposante. Elle pèse 650 Kg. On la voit très bien depuis la gare. Sa note de prédilection est le Sol. Elle porte l'inscription suivante :

Je m'appelle Georgette
J'ai été baptisée en 1921
Mon parrain et ma marraine sont
Ernest et Marguerite Mals

En venant du centre du village, on peut voir la plus petite des deux. Elle s'appelle pourtant "Bertha" et ne pèse que 450 Kg. Mais c'est Bertha qui sonne les heures et les demi-heures tout au long de la journée. L'accord de ses harmoniques oscille autour du Si bémol.

Elle porte ce message gravé dans le bronze :

Je m'appelle Bertha
J'ai été baptisée en 1921
Mon parrain et ma marraine sont
François Tobu et Berthe Van Gits

 

2. Le patrimoine artistique de l'église Saint-Pierre

 

Le vitrail latéral-Sud, dédié à Ste-Thérèse de Lisieux

Sainte Thérèse de Lisieux fut canonisée le 17 mai 1925. Pie XI la proclama patronne principale de toutes les missions. Cet événement a suscité un grand mouvement de ferveur dans l'Église. L'idée de créer un vitrail retraçant la vie de Sainte Thérèse n'a donc rien d'étonnant à cette époque.
Les vitraux de l'église n'ont pas été réalisés dès 1923. On commençait par y mettre de simples vitres et quand le budget le permettait on demandait la réalisation d'un vitrail.
Celui-ci date probablement des années 1927-28. Beau témoin de ces années de ferveur, mais son réalisateur n'est pas connu.

Au centre: On voit Thérèse auprès de Notre-Dame du Mont Carmel portant l'enfant Jésus. Thérèse intercède et répand "une pluie de roses" sur l'Eglise et le monde. (comme elle le dit dans son autobiographie "L'histoire d'une âme".)
Détail de gauche: Marie-Françoise-Thérèse MARTIN, en robe blanche, entre au Carmel de Lisieux à l'âge de 15 ans.
Détail de droite : Après 9 années de vie au Carmel, elle s'éteindra à l'âge de 24 ans. Ici, on voit Soeur Thérèse dans sa cellule, s'adonnant, devant son sablier, à la lecture et à l'étude des Ecritures.
En bas: les armoiries du pape Pie XI. (aigle + 3 tourteaux)
L'écu, non en forme de bouclier mais en forme ovale, posé sur deux clefs de St-Pierre. L'ovale était réservé aux ecclésiastiques et aux dames nobles qui ne font pas la guerre.
En haut: Le blason du Carmel représente le Mont Carmel stylisé ; l'étoile inférieure : la Vierge Marie "étoile de la mer" et les deux étoiles supérieures : les prophètes Elie et Elisée.
La croix plantée au sommet du Mont Carmel stylisé fut ajoutée plus tard par les Carmes.
12 roses dans chaque partie du vitrail (12 = la femme, Marie, l'Eglise selon la Numérologie chrétienne).

Les statues de l'église.

Les plus belles statues de l'église ont été réalisées par le sculpteur belge Edouard Nootens (1899-1977).

La statue de Saint Pierre bénissant la cité domine le pignon de la façade.
La Statue du Christ-Roi (chapelle latérale)
La Statue de la Vierge.

Cette statue de la Vierge Marie située près de la sacristie, est un original authentique qu'on pourrait appeler "Notre-Dame de Genval".
Elle est en pierre et inamovible car bien trop lourde! Mais elle est seule et ne porte pas l'Enfant dans ses bras (tout comme celles de Lourdes, de Fatima, de Banneux ou de Beauraing). Elle reflète bien la mentalité de la 1ère moitié du 20e siècle qui a vu se développer un culte marial parfois excessif (on a parlé de mariolâtrie !). Pourtant les anciennes traditions tant en Orient (les Icônes) qu'en Occident représentent toujours la Vierge portant l'enfant. Dom Lambert Baudouin (Prieur et fondateur du monastère de Chevetogne) disait : "Les Vierges actuelles, ont balancé l'enfant dans les bras de Joseph!" . Ici, c'est dans les bras de St Antoine de Padoue que l'enfant Jésus à été balancé.

Edouard Nootens a réalisé en Belgique nombre d'autres sculptures telles que
- l'Agneau Mystique de la Basilique de Koekelberg,
- le buste de Félix Hap à Etterbeek,
- le Christ en Croix à la cathédrale des Saints Michel et Gudule.

Les 6 autres statues qu'on aperçoit dans l'église relèvent du style saint sulpicien et n'ont pas de valeur artistique. Elles sont en plâtre et réalisées dans des moules à grand tirage.

•  St Antoine de Padoue, franciscain né en 1195 à Lisbonne et mort le 13 juin 1231 près de Padoue , qui fut canonisé en 1232, moins d'un an après sa mort, et déclaré docteur de l'Église en 1946. Beaucoup de gens qui ne croient ni à Dieu, ni à Diable, prient St Antoine pour retrouver un objet perdu.
•  Ste Rita, religieuse italienne de l'ordre des Augustins, invoquée pour les causes désespérées.
•  Une reproduction de l'Enfant Jésus de Prague,
•  Ste Thérèse de l'Enfant Jésus,
•  St Joseph avec l'enfant Jésus.
•  St Pierre, patron de la paroisse

Ces statues ont été repeintes au début des années 90 dans un ton uni qui leur donne une certaine discrétion.

Un petit crochet par la sacristie vous permettrait de voir les seuls vitraux dédiés à Saint Pierre, patron de l'église: ce sont 4 petits vitraux portant les initiales S & P entrelacées.

Le chevet de l'église.

Le sol et les parements sont recouverts de marbre. L'ancien maître autel est en marbre jaspé de Rochefort. Une pièce d'orfèvrerie y est enchâssée: le tabernacle surmonté d'une couronne.

Les 6 vitraux du Chœur

Ils sont répartis en 3 paires de baies géminées et ont été réalisés à la fin des années trente par l'artiste belge Maurice LANGASKENS (Gand 1884 - Schaerbeek 1946). C'était avant tout un peintre et un lithographe, connu pour ses grands tableaux qui décrivent la vie rurale, les chevaux de trait, les scènes de la vie champêtre. 
Il n'appartient à aucune école. Son style est très personnel.
Il aime les personnages étirés comme les maniéristes du 16e siècle. C'est le cas, ici, dans ces vitraux du choeur. Il aime aussi les tons gais, très colorés et même éclatants. 
Surplombant le choeur, les anges adorateurs présentent les symboles de l'Eucharistie.
Dans l'iconographie chrétienne, les anges figurent généralement au nombre de six. "Six" est le nombre de l'Esprit.
Placés tout en haut près de la voûte, ces vitraux symbolisent le ciel peuplé des esprits bienheureux. Les couleurs de ces vitraux où domine le rouge, l'orange et le jaune illuminent tout le choeur de l'église. Avec, en arrière plan, les bleus et les verts, on compte 23 tons de coloris différents. Toujours d'après la numérologie chrétienne, "Vingt-trois" est le nombre symbolisant l'union mystique.

Baie ouest :

Le sacrifice du Christ est symbolisé ici, à droite, par l'Agneau Pascal et, à gauche, par la croix et les 3 clous de la Passion.

Baie centrale: Présentation du pain et du vin de l'Eucharistie. L'ange de gauche tient le calice de la main droite et montre du doigt le ciel pour signifier que c'est l'Esprit Saint qui les sanctifie.

Baie Est :

L'ange de gauche présente le pélican nourrissant ses petits. L'ange de droite tient un gourdin et, met le doigt sur la bouche. C'est la force du silence et de l'intériorité.

Au Moyen Age, c'est par les vitraux que les fidèles, analphabètes pour la plupart, pouvaient lire et s'instruire.
Le Synode d'Arras qui eut lieu au 11e siècle dit ceci: " Ce que les âmes simples et les illettrés ne peuvent connaître par l'écriture leur est enseigné dans l'église : ils le savent par l'image."
Quatre siècles plus tard, François Villon faisait écho à cette idée en écrivant ce sonnet qu'il met dans la bouche de sa mère :

"Femme je suis, povrette et ancienne, 
Ne rien ne sçait, oncques lettres ne lus. 
Au moustier vois, dont je suis paroissienne, 
Paradis painct, où sont harpes et luts, 
Et ung enfer où damnés sont boullus. 
L'ung me fait peur, l'autre joie et liesse… "

Aujourd'hui, dans une civilisation gavée d'images, les vitraux sont toujours là comme des "passeurs de lumière", jouant avec les couleurs pour nous émerveiller, nourrir nos coeurs, éclairer nos esprits.
L'église St-Pierre offre ses vitraux à notre contemplation.
Certes, ils ne sont en rien comparables aux vitraux de la Sainte Chapelle ou à ceux des grandes cathédrales médiévales. Mais ils sont là, modestement, comme des enluminures pour notre mémoire. Saint Jean de la Croix, mystique du 16e siècle, comparait les vitraux à une " musica callada ", une " musique solidifiée "!

Dans la chapelle du Christ-Roi.

A côté de la statue du Christ qu'Edouard Nootens a sculptée dans la pierre blanche, nous apercevons ce petit vitrail avec le signe   . Ce n'est pas l'abréviation du mot paix. Non.
Il s'agit d'un symbole chrétien très ancien qu'on rencontre déjà dans les catacombes du 1er siècle : c'est le chrisme ou «  monogramme du Christ  » , symbole chrétien formé par les deux majuscules grecques X (ki) et P (rhô), la première étant apposée sur la seconde.
Ces deux lettres sont les premières du mot ???st?? (Christos) qui signifie Christ. Le Ch grec (Ki), semblable à un X de notre alphabet, et le R grec (Rhô), semblable à un P.

Auguste Lannoye, avait souhaité qu'un vitrail de l'église soit dédié à son Patron St Augustin, C'est bien plus tard, après sa mort, (survenue en 1938) que les voeux d'Auguste Lannoye seront réalisés et que le vitrail retraçant la vie de Saint Augustin trouvera sa place dans la chapelle latérale de l'église qui est devenue la chapelle d'hiver.

Détail de gauche:

On voit le jeune Augustin assis et en proie à la réflexion tandis que sainte Monique est debout en attitude de prière. Dans les "Confessions", Augustin raconte qu'après une jeunesse libertine, il adhère au manichéisme. Sa mère finira par le convaincre de se convertir au christianisme (en 387).

Au centre :

En 395, Saint Augustin, est élu évêque d'Hippone (Afrique du Nord).
Il est considéré comme l'un des premiers philosophes chrétiens et Père de l'Eglise d'Occident
On le voit ici, écrivant: "La Cité de Dieu".

Détail de droite :

C'est le baptême d'Augustin que représente cette partie du vitrail.
En 387, dans la nuit de Pâques, il fut baptisé à Milan par l'évêque Ambroise.

Trois fresques retraçant le parcours de Saint Pierre ...

Jusqu'au début des années 90, trois grandes fresques recouvraient les arcades du fond du chœur. Elles avaient été peintes par l'artiste, Louis Wilmet né en 1881. C'était un autodidacte qui fut tour à tour peintre, poète, écrivain, historien et journaliste. Il s'est installé à Genval en novembre 1924 et y est décédé en 1965.

La croix , au fond du chœur, n'existait pas. Et la croix de Saint-François qu'on voit au mur du jubé était alors suspendue au-dessus de l'autel.

Louis Wilmet avait réalisé sur les grandes arcades du fond du chœur, trois fresques qui mettaient en relief le rôle de l'apôtre Pierre

L'appel des apôtres :
"Viens et suis-moi!"

"Tu es Pierre
et sur cette pierre
je bâtirai mon Eglise."

"Je n'ai ni or, ni argent, mais ce que j'ai
je te le donne:
Au nom de Jésus,
lève-toi et marche."

A la fin du 20e siècle, des travaux de ravalement des murs intérieurs de l'église ont été entrepris pas la Fabrique d'église. Ils furent menés à bien grâce à une équipe dynamique et éclairée conduite par André Vandiest, Roger Yernaux, Gérard Glibert et Michel Focan.
On fit un nettoyage complet des murs de briques. La réalisation de la salle paroissiale date aussi de cette époque.
La restauration des fresques de Louis Wilmet fut envisagée. On s'est aperçu alors que ces fresques étaient rongées par l'humidité et que les budgets ne permettraient pas de les sauver.
Grand émoi au sein de la population. Il faut vous dire que l'oeuvre de Louis Wilmet touchait les gens au coeur. Il avait utilisé la technique des "portraits cachés" à la manière, entre autres, du peintre italien Raphaël dans la fresque bien connue de "L'école d'Athènes" qu'on peut admirer au Musée du Vatican. Raphaël y représente Platon sous les traits de Léonard de Vinci et Héraclite sous ceux de Michel-Ange.
Louis Wilmet avait choisi des paroissiens pour représenter les personnages bibliques de ses fresques. Les gens étaient fiers de voir tel apôtre représenté sous les traits de leur père.
L'abbé Olivier Nkulu (curé à l'époque) eut l'idée de faire faire une reproduction photo de ces trois fresques pour qu'on n'en perde pas la mémoire. Cette photo figure au-dessus de l'entrée de la chapelle latérale.

Le chemin de croix.

 

Une oeuvre de Rodolphe Staege en terre cuite polychrome.

Une mosaïque

 

Irène VANDER LINDEN, (Lokeren, 1897 - Uccle, 1959) peintre, dessinatrice, aquarelliste et artiste graphique de talent, a réalisé des oeuvres remarquables dans divers endroits du pays, en particulier des fresques illustrant la vie de sainte Alice de Schaerbeek dans le cloître de l'abbaye de la Cambre.

Elle a peint les fresques du chemin de la croix de l'abbaye N-D de Clairefontaine à Cordemoy (Bouillon) et réalisé les vitraux si finement ciselés de la tour du carillon à l'abbaye d'Orval.

L'église Saint-Pierre de Genval possède une mosaïque réalisée par Irène Vander Linden dans les années 1940. Cette oeuvre provient de « l'Atelier Flos » du village de Tegelen (en Limbourg hollandais).

Avant de sortir de l'église, levez les yeux au-dessus du portail et vous la verrez fixée dans la brique. Elle représente le Christ qui invite les chrétien à aller témoigner de la Bonne Nouvelle.

Un orgue de qualité.

L'orgue de l'église Saint-Pierre de Genval doit son existence à Jacques Lannoye qui le commanda en 1942 à la Manufacture d'orgue Delmotte de Tournai. Nous étions en pleine guerre mondiale et, malgré les difficultés d'approvisionnement en matériel, Maurice Delmotte réussit à construire un instrument de réelle valeur.

Il fut inauguré et béni le 9 août 1942.

L'orgue compte
- 2 claviers manuels de 61 notes,
- un pédalier de 31 notes,
- 20 registres de jeux
- un millier de tuyaux dont les sonorités couvrent la plus grande partie de l'échelle sonore perceptible à notre oreille.
Le timbre des jeux s'étend du Bourdon à la Trompette brillante et jusqu'au Plein jeu, en passant par des sonorités aux caractères variés.
Cette diversité permet d'interpréter un registre musical fort étendu. Mais il fait surtout merveille dans le répertoire de musique romantique.

Vers les années 80, le professeur Luc Dupuis écrivait ceci : « On ignore complètement que l'église Saint-Pierre à Maubroux est dotée d'un orgue fort intéressant qui mérite toute l'attention des mélomanes et même des professionnels.
Cet orgue n'est pas aussi exclusif que beaucoup d'instruments. Il peut honorablement servir un éventail de musiques suffisamment ouvert pour séduire un large public. »
En maintes occasions, ses timbres chatoyants et chauds furent mis en évidence par des musiciens de haut niveau.
- Le 9 août 1942, jour de l'inauguration, le nouvel instrument fut mis en valeur lors d'un récital donné par René Tellier, professeur au Conservatoire de musique de Bruxelles.
- En 1987, Luc Dupuis, professeur au Conservatoire Royal de Mons et organiste conservateur du grand orgue du Chant d'Oiseau à Bruxelles, donna, sur l'orgue de Genval, un concert avec caméra-vidéo qui ravit les mélomanes les plus avertis.
- Le 22 septembre 1995, Léo Wirtz, alors titulaire des grandes orgues de l'église Saint Joseph à Ostende, donnait un concert à Genval avec violoncelle (Yvon cailloux), trompette (Philippe Michel) et la participation de « La Louette Saint Pierre ».

L'orgue de Saint-Pierre a été tenu par Walter Guns durant les années 40. Ensuite ce fut Alex Fanard qui fut organiste durant les années 50 et 60. Plus tard, et jusqu'en fin 1995, ce fut José Bercas. Les actuels titulaires sont David Selmeci, lauréat du Conservatoire de Bruxelles et Christian Nicolas.
Les étudiants des Académies de Musique de la région (classes d'orgue) viennent fréquemment s'y exercer.
La Fabrique d'église de Saint-Pierre de Genval veille chaque année à ce que l'instrument soit accordé par la firme « Delmotte ». Cet orgue rend ainsi de nombreux services au-dedans, comme au-dehors de la paroisse.

L'ébénisterie

Les portes en bois, dont celle du porche d'entrée de l'église, les armoires et tiroirs de la sacristie, les boiseries des confessionnaux, tous ces mobiliers de qualité ont été réalisés par Henri Noël (1886-1963), artisan ébéniste de métier qui habitait tout près de l'église, au n° 24, rue de la Station.

 

Les trois lys de France du porche.

Ces 3 lys décorent chacun des 4 battants du porche d'entrée. 3x4 = 12 fleurs de lys qui évoquent les 12 apôtres, les 12 piliers qui donnent accès à l'Eglise.

 

3. Les pasteurs au service de la paroisse.

           Le 15 avril 1925 le premier conseil de Fabrique d'église est constitué. Le 19 juin 1927, Monsieur Lannoye fait don à la Fabrique d'église des terrains et constructions : l'église et la cure.

Le premier curé nommé comme pasteur de la nouvelle communauté est l'abbé Emile de Myttenaere. Après avoir été durant 15 ans professeur au Petit Séminaire de Malines et curé à St-Josse-Ten-Noode durant 7 ans, il présidera dès 1921 aux destinées de la paroisse de Maubroux encore en gestation. Il y restera jusqu'à sa mort, le 30 avril 1939.

L'abbé Louis Moest lui succède en mai 1939. Homme affable, au contact facile, il vit dans le dénuement le plus complet. Sa charité et son audience auprès des jeunes sont les points forts de son sacerdoce. Il crée les premiers mouvements de jeunesse dans notre paroisse. Aujourd'hui, les personnes qui ont fait partie du "Patro" de l'époque s'en souviennent  encore avec émotion. C'est cette même année, le 5 novembre 1939, que Monseigneur Carton de Wiart, évêque auxiliaire, procède à la bénédiction de la statue du Christ Roi installée dans la chapelle attenante au choeur. Cette chapelle latérale a été construite à la mémoire et suivant le désir d'Auguste Lannoye, décédé le 29 mai 1938. Les vitraux de cette chapelle racontent la vie de Saint Augustin, le patron d'Auguste Lannoye. Mais elle porte le nom de "Chapelle du Christ-Roi".
Le 9 août 1942, un nouvel orgue néo-romantique, installé par le facteur d'orgue Delmotte de Tournai, est inauguré. A cette époque, la guerre mondiale sévit avec ses ravages. L'église est ouverte et on y prie avec ferveur durant toute la journée. Un groupe de choristes se forme autour de Lucy Jamart et chante – au jubé – durant le Salut du St-Sacrement accompagné à l'orgue par Walter Guns. Ce sont les premiers moments de la chorale Saint-Pierre.
Le 5 août 1943, l'abbé Louis Moest décède à l'âge de 47 ans.

C'est l'abbé Joseph DECONINCK qui est nommé curé de la paroisse en septembre 1943.
Le 2 août 1949 la consécration de l'église a lieu à l'occasion du 25ème anniversaire de sa construction.
La Chorale Saint-Pierre recrute et s'étoffe peu à peu. C'est l'enchantement à Genval. Les encouragements des paroissiens et l'arrivée d'Alex Fanard, le nouvel organiste, poussent le groupe à chanter les messes en latin pour deux voix mixtes à Pâques, à la Pentecôte, à la fête du Christ-Roi et à Noël.
Mais le 20 décembre 1950 survient le décès du curé Deconinck.

L'abbé Eugène Salens le remplace. En arrivant à Genval, il a déjà une longue et riche expérience. Il a été professeur au Collège Sainte-Gertrude de Nivelles durant une dizaine d'années. En 1930, il devient curé de Ohain. Il assumera sa fonction de pasteur à Saint-Pierre de Genval de 1950 à 1956. Ce fut une période où la population du lieu s'agrandit considérablement : les papeteries sont florissantes et la paroisse bien vivante.
L'abbé Salens décède le 12 septembre 1956.

L'abbé Franz Descotte devient curé de la paroisse en octobre 1956 et il le restera jusqu'en 1978. Chaque année, il organise une excursion où l'on se retrouve "les pieds dans l'eau". La journée commence par une messe à 6 heures pour ceux qui le désirent, puis départ en bus vers un lieu touristique comme Florenville ou ailleurs en Belgique. Il encourage les mouvements de jeunesse. Il offre chaque année un banquet à l'occasion de la Saint-Cécile pour encourager la chorale qui, à partir de ce moment, participe à des concours et des festivals. L'abbé Descotte était très organisé. Les chaises de l'église étaient alignées sur un tracé brun qu'il avait peint sur le granito. Il eut un peu de peine à accepter les réformes qui ont suivi le Concile Vatican II et décida de se retirer en 1978.

Le Doyen Norbert Gorrissen avait une longue expérience monastique ayant été moine cistercien à l'Abbaye d'Orval puis professeur de philosophie à l'Université de Sao-Paulo. Mais son enseignement fut jugé trop dérangeant pour le régime brésilien de l'époque et il dut rentrer au pays. En 1978, il est déjà curé de Saint-Sixte quand l'évêque lui demande d'assurer en même temps la fonction de curé à Saint-Pierre. Il le fait avec beaucoup d'efficacité et apporte un esprit plus communautaire dans la paroisse. C'est avec lui que va se développer un soutien de la paroisse au village d'enfants des rues " Crianças do Mundo " du Brésil, une oeuvre créée par un couple de genvalois, Evelyne et Michel van der Meersch. L'abbé Norbert Gorrissen a été curé de Saint-Pierre de 1978 à 1982.

 

L'abbé Yves Alberty, qui était déjà vicaire à Genval-Saint-Sixte, lui succède comme curé à Saint-Pierre de 1982 à 1988. Sous sa houlette, la paroisse se structure et les laïcs s'engagent. Un conseil paroissial est mis sur pied et officiellement installé par Monseigneur Remy Van Cottem, alors évêque auxiliaire du Brabant Wallon. Les groupes actifs s'étoffent et assistent le curé dans sa mission pastorale : catéchèse, liturgie, visites de malades… L'Association des Œuvres Paroissiales (A.O.P.) se structure. Pendant ce temps, la Fabrique d'église entreprend de grands travaux de restauration de l'église et du presbytère.
En 1988, l'abbé Alberty quitte notre paroisse pour la paroisse Saint-Sébastien de Braine-l'Alleud. Il sera ensuite Doyen successivement de Braine-l'Alleud et de Perwez.

En septembre de la même année, l'évêché installe un curé venu de la République Démocratique du Congo, l'abbé Olivier Nkulu Kabamba. Il sera curé de Saint-Pierre de 1988 à 1995 et apportera un beau dynamisme à la paroisse. Il possède le charisme de la communication. L'église qui se vidait de ses fidèles redécouvre une assemblée de plus en plus nombreuse. Les travaux de l'église et du presbytère se poursuivent et seront menés à bien grâce à une équipe dynamique et éclairée menée par Roger Yernaux. En mars 1995, l'abbé Olivier Nkulu est appelé à d'autres fonctions à Limelette, à Lillois puis, en tant que professeur à l'Université de Montréal.

C'est l'abbé Ambroise Mutshembe Luhembe Ona-Ndowa, également de nationalité congolaise, qui le remplace. Il sera curé de St-Pierre de 1995 à 2001. Il quitte la paroisse en août 2001, rappelé au diocèse de Kinshasa par son évêque.

Un nouveau curé, l'abbé Salvator Ntibandetse, nous arrive du Burundi le 15 septembre 2001. Il va poursuivre la mission pastorale pour le bonheur de tous.
Dès 2005, il encourage un groupe de jeunes à lancer un des premiers Sites paroissiaux de la région qui deviendra "www.genvalsaintpierre.org".
Avec Salvator, des espaces de solidarité sont ouverts. Des synergies sont renforcées entre notre paroisse et la "Conférence de Saint Vincent de Paul" de la Commune de Rixensart.
Avec lui aussi, un parrainage est amorcé en direction du Burundi pour favoriser l'éducation des jeunes orphelins, suite aux terribles années de guerre. Cette action aboutira à un jumelage entre la paroisse de Matara (Burundi) et celle de Saint Pierre de Genval. L'abbé Salvator quittera notre paroisse en septembre 2010 pour assumer d'autres responsabilités dans les paroisses d'Ottignies et de Louvain-la-Neuve.

Le 12 septembre 2010, c'est l'abbé Tchuma Kagoma qui lui succède et reprend le flambeau. Il continue les actions entreprises par ses prédécesseurs et est apprécié pour son ouverture d'esprit. En 2013, l'évêque lui demande d'assurer également la fonction de curé à la paroisse de Saint-Sixte. Il forme équipe avec l'abbé Jean-Claude Sakanya. L'abbé Tchuma, qui a obtenu une licence en théologie dogmatique à l'UCL ainsi qu'une licence en pastorale et catéchèse, a reçu mission de l'évêque de mettre en place l'Unité Pastorale "Genval-Rosières-Bourgeois".
Il est aussi à l'origine d'une fondation pour les villages de la région de Boende au Congo, dans l'actuelle province de la Tshuapa. Cette fondation est engagée sur le terrain de la santé, de l'enseignement, de l'agriculture et de l'élevage. Elle se met au service de tous les habitants. Là, tout le monde se donne la main et on travaille ensemble: chrétiens de diverses confessions, musulmans et autres ! Un courant de solidarité anime la paroisse. Les gens s'investissent dans des actions diverses.
Après le Fond Tasnier, les énormes lotissements des anciennes Papeteries vont faire croître la population vivant sur le territoire de la paroisse. Grand défi pour l'avenir...

Epilogue.

L'église Saint-Pierre de Genval a été le témoin privilégié de la naissance et du développement d'un village autour d'une grande entreprise. Elle a largement contribué à faire de Genval-Maubroux un lieu où toute une population : ingénieurs, ouvriers, artisans ont vécu, travaillé et chanté ensemble.
Mes recherches ont permis de mettre à jour quelques aspects intéressants de son histoire. On fêtera bientôt le centième anniversaire de cette paroisse. Peut-être y a-t-il parmi vous, lecteurs, des témoins qui pourraient nous conter d'autres événements qui ont fleuri ici.

N'hésitez pas à les faire connaître.

Paul Spies
Juin 2018